Balade 2012...pour les tarlouzes

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Balade 2012...pour les tarlouzes

Message par Ricovdue le Sam 29 Sep - 11:05

Mercredi :

Une journée de repos pour être détendu et préparer tranquillou la "Vieille" pour une sauterie cévenole est bien venue....Enfin quand je dis tranquillou...La moto est checker sous tous les points: pneus, kit chaîne, clignotants, lumières, freins...etc...
Tiens, j'ai de l'huile neuve qui traîne...une vidange (6000 km depuis la dernière) ne fera pas de mal !
Et là, c'est le drame !!! Je découvre une demi-lune entière sur le bouchon de vidange aimanté !!!!!!!!!!!!!!!


Raaaahhhhhh, je flippe de constater des dégâts mais n'ai pas d'autres choix que de contrôler....Bon, forcément, ce n'est pas au niveau du cylindre horizontal...Donc je trouverais l'emplacement vide au niveau de la soupape d'échappement du cylindre....vertical (vous suivez, ou quoi ? ... lol! ) Celle qui a son cache culbu glissé sous l'amortisseur ... colere !
Mais c'est là que je vois que je m'améliore. Vidange, courroies et demi-lune...en 1 heure Razz




Jeudi :

Réveil de bonne heure car l'itinéraire envisagé me fait penser qu'il faut 8h pour me rendre à Florac....MAIS, quelqu'un a décidé que je devais laver mes vêtements de pluie Evil or Very Mad Le bruit continue des gouttes dehors ne trompe pas. Va falloir s'équiper !
Je traine des pieds...forcément. Je finis mes "valises" et peaufine mon road book
Moto chargée, j'enfile les couches de vêtements nécessaires, mais pas trop. Pantalon et blouson de pluie compris
La pluie fine et les couleurs du ciel donne un air de concentre hivernal à cette balade.
A peine arrivée à Gevrey Chambertin, je vois un ciel noir et des trombes d'eau qui arrosent copieusement Beaune. Je m'arrête (déjà?) pour mettre les surgants (je n'ai pas pris les surchauss')
Je file vers Santenay puis longe la Dheune, prends un bout de RN70 jusqu’à Blanzy et repique par la départemental 980 pour filer vers Cluny en passant par le Mont Saint Vincent. J'ai choisi d'éviter toutes les nationales pour....visiter notre beau pays !

Pause a Cluny pour acheter des cartes routières locales au cas ou je trouverais des petites lignes vertes a suivre Idea
Je continue en passant par Matour et la Clayette...jusque là, je ne me plains pas trop. La pluie s'étant très rapidement calmée (depuis Beaune). Le rythme est léché et les grondements du Twin résonnent avec plaisir au gré des nombreuses sorties de courbes... Je perdrais l'avant une fois sur la chaussée encore bien trempée. Pas grave, mais je pense avoir trouver les limites des Bridge sous ces conditions Rolling Eyes
Bien que je connaisse assez le coin, je me régale toujours de voir les collines aux formes généreuses et la route m'offrir un terrain de jeu déserté par la circulation....Gaz !

Je prends soin de contourner Roanne et m'arrêter à Saint Haon le Vieux pour remplir le bidon de la SS. J'ai du me tromper quelques part car je trouve qu'elle consomme très peu. J'aurais l'occasion de vérifier tout ça lors des prochains arrêts. La route est sèche mais je garde mes vêtements de pluie sauf les surgants. Je me féliciterais tout au long du séjour d'avoir embarqué à la dernière seconde mes gants d'hiver. Gants enfilés très souvent car la température fut plus que limite tout au long du séjour


La D8 qui glisse le long de la vallée du Rhône m'amène au pied d'une route qui demande à être connue. A Montbrison, je bifurque pour sauter d'une vallée en passant par le Forez. Au vu des virages dessiner sur la carte, je sens que l'on ne va pas s'ennuyer....et ce fut largement le cas. Même si du coté de la Loire l'état du revêtement n'est pas mieux qu'en Saone et Loire. Mode promenade soutenu et banane sous le casque toujours présent....Puis arriver à La Croix de l'Homme mort, commence la D996 ( lol! ) qui m'amène vers Ambert. Changement fulgurant de qualité de goudron qui laisse penser que les gars de la DDE du Puy de Dôme travaillent aussi à.....Magny Cours ! Un terrain de jeu fabuleux !!!!!
A Ambert, je file directement sur le Puy en Velay par une D906 plus rectiligne. Tant mieux, ça repose.
Une éclaircie amène quelques degrés supplémentaires bien appréciables pour ma carcasse. J'en profite pour faire une pause sandwich. En passant dans le Puy, j'admire la toujours impressionnante Chapelle Saint Michel perchée sur son aiguille de lave.


L'heure est bien avancée et je file vers Mende en passant par Langogne. Le terrain de jeu du week end semble prometteur !
Nouvelle pause essence et je prends un café pour tenter de réchauffer mes doigts. Une conduite plus coulée et l'expérience aidant, j'ai réduit fortement ma consommation. Je confirmerais mon calcul précédent avec un joli 5.2 L/100. Pas mal pour une vieille de 18 ans à carbu. Les grandes courbes de la national 88 incite à ....passer la 6ème clown
La liaison Mende - Florac avalée goulument est tout aussi jouissif......sauf dans la descente du Mont Méjan ou je croiserais....un semi-remorque ! Je ne m'y attendais pas du tout vu l'étroitesse de la route. Mais effectivement, je suis bien sur une nationale et d'autres potes au Romval font cracher leur mazout pour extraire leurs bahuts des lacets de ce col trop étroit pour eux.

Au rond point de la sortie de Florac, je me dirige pour faire le plein et être tranquille pour le lendemain matin.......et je retrouve Claire. Toujours étonnant et plaisant de croiser des ami(e)s au fin fond de la France. On repart ensemble pour effectuer les 20 bornes qui nous amènent au gite. Sur le chemin, on rattrape un ST3 qui doit être surement un compagnon de week end....c'était Wizz ! Il nous aidera à trouver le gîte ou il y a, déjà, quelques énergumènes devant la pompe à bière trinque
Il est 19h : apérrrroooooooooo !

Les embrassades et les sourires présents sur le visage de tous ne trompent pas...ça va être bon !
Je suis ravi de revoir les anciens avec cette douce sensation de s'être quitté la veille
Lizou prend à coeur de nous guider pour l'installation. Une chambrée de gai-lurons se compose et cela augure de franches poilades !
Douche, jean, basket : je suis opérationnel pour l'apéro.
Spid nous a amené des liqueurs locales qui se marient à merveille avec la bière...

ça papote dans tous les recoins, ça chambre, ça rigole, ça mange des cahouètes.....Puis : à TAAAAABBBBLLE ! Pilou nous invite délicatement à aller se restaurer.....

Le Leimotiv de ce week end semble être tout trouvé ! Entre les repas d'une qualité et d'une authenticité souvent recherché et les routes à découvrir...de là à dire qu'on s'est gâvé, il y n'y qu'un mot : gourmandise !
Bien évidemment, nous dinerons dans le calme et le recueillement absolu....perturbé par des rires et des discussions assourdissantes de nos voisins de tablé en halte de leur périple de St Jacques de Compostelle ....euh, j'ai un doute....c'était peut être le contraire lol!

Quelques cartouches de produits locaux remplaceront avantageusement le "rouge qui tâche" proposé par nos hôtes. La digestion se fera devant le billard........et la pompe à bière


1h, je file au dodo. Faut être raisonnable ! Certains auront plus de mal à escalader leur lit superposé
Il paraitrait même que d'autres se sont réveillés à l'alka seltzer...mais ceci n'a pu être prouvé Idea

Vendredi :





8h : petit déjeuner local avec un plateau d'une douzaine de confiotes fait maison permet de démarrer en douceur une journée déjà bien ensoleillée. Seules les fumées blanchâtres s'échappant de nos gosiers repus, annoncent une fraîcheur automnale
Equipé de mes gants d'hiver, je rejoins Dijilou devant les motos. Il s'est gentillement proposer d'emmener quelques compagnons de jeu, je me suis porté volontaire. Faut dire que c'est une valeur sûre le "chevelu" ! Le road book prévisionnel me fait saliver.
Claire, Wizz, Bougri complèteront joyeusement cette équipée

[Par feignantise, j'ai recopié ci dessous le CR de Dijilou]
Essence à Florac puis c’est la route vers le Pont de Montvert, où nous arrêterons les motos pour tenter d’apercevoir les truites sous le pont. Leurs gabarits laissent à penser que la région est nourrissante.
La montée vers le mont Lozère nous confirme que dans ce pays, on peut assez souvent se cailler les miches quelque chose de sévère. Moins de dix degrés avec des bourrasques au passage du col sous un grand soleil , c’est tout de même un peu rude, donc l’arrêt classique au col pour prendre des photos est collégialement oublié.


Nous redescendons sur le Gévaudan, l'objectif est Chateauneuf de Randon , pour se prendre un petit café. Arrivé sur la place centrale de la cité fortifiée, la statue de Du Guesclin nous toise fièrement.


Intermède culturel :

Né en 1320 en pays Breton, le petit Bertrand du Guesclin n’est point trop apprécié de sa maman ni de son papa, en dépit de sa situation d’aîné. Sa sale gueule, passée à la postérité, y est sans doute pour quelque chose. Enfance classique d’un mal-aimé, il vole des scooters, revend du shit et s’inscrit à quinze ans dans une sorte de star-académie de l’époque, appelé « tournoi de chevalerie », où il marave la gueule de tous les autres participants en gardant son casque (et donc son anonymat) avant de refuser une ultime joute où il se retrouve confronté à son paternel. Émotion, embrassade du père et du fils et voilà comment on retrouve le respect de ses parents, et un contrat de télé-réalité bien juteux avec M6.
Adoubé chevalier à 27 ans (on se demande bien ce qu’il a foutu entre-temps), il participe aux guerres fratricides que ces alcooliques de bretons se sont toujours livrées, en prenant le parti de Charles de Blois contre la famille des ducs de Montfort (ceux du fois gras), puis de Charles V, roi de France. Il gravit les distinctions jusqu’à devenir Connétable de France, et va d’une manière assez méthodique se farcir de l’anglais et libérer une bonne partie du territoire de leur emprise. Il va aussi se prendre de bonnes branlées (du Prince Noir , entre autre) mais sera à chaque fois libéré par le paiement de rançons fort élevées. On peut dire qu’il a institué le système du commando, faisant des attaques surprises sur des châteaux isolés avec sa petite compagnie d’hommes fidèles. Vous voyez Schwartzenegger dans « Prédator » avec toute son équipe ? Et bien lui, c’est pareil , en plus trapu, beaucoup plus sale (n’oublions pas qu’il est breton ), et avec moins d’armes à feu et de treillis camouflage à disposition. Comme tuer de l’anglais , on s’en lasse au bout d’un moment, Charles V le charge de purger le territoire des « compagnies » , groupes d’anciens soldats devenus maraudeurs et bandits faute de solde régulière (Charles V était assez pingre, semble-t-il). Et donc le voici au début de l’été 1380, à l’age où de nos jours d’aucuns attendent fébrilement leur retraite ou roulent sur des BMW ou des Katoches, à assiéger Chateauneuf de Randon comme un dingue. Après un assaut particulièrement couillu et donc déshydratant , notre Bertrand boit longuement l’eau glacée d’une source voisine. Il attrape alors la diarrhée et un méchant refroidissement, et meurt connement dans la semaine qui suit. Oui, connement, parce que les assiégés de Chateauneuf avaient décidé de remettre les clefs de la cité à notre Bertrand s’il n’étaient pas secourus dans la semaine, et que finalement ils remettront ces fameuses clefs à sa dépouille. Et connement aussi, parce qu’il meurt le 13 juillet 1380...Ils aurait fait un petit effort en attendant un jour de plus , et il était raccord avec la fête nationale, ce qui fait que tout le monde se souviendrait de lui.

Fin de l’intermède culturel !

Nous sommes donc au beau milieu de la place centrale de Chateauneuf de Randon, en ce beau mais froid vendredi matin, et un examen à 360° autour de nous nous permet de constater qu’il n’y a pas grand monde dehors. De l’intérieur d’un bistrot à la porte soigneusement fermée semble filtrer un peu de lumière, nous allons donc tenter de boire un petit café pour notre pause de 11h.
J’entrouvre la porte , et d’un seul coup une méchante sensation de malaise m’envahit. Silence parfait dans la salle, tous les regards tournés sur moi, une majorité de trognes assez... particulières , et dix secondes après que j’ai fait mon apparition sur le seuil, un aboiement rauque venant d’une mémé assise devant moi : « La porte ! »
En fait, un groupe de trisomiques en balade avait envahi les lieux, avec leurs accompagnants, et lorsqu’on ne s’y attend pas , on en vient à se poser des questions sur l’isolement et la consanguinité de la population locale.
Finalement, nous avons réussi à trouver une table libre dans ce charmant établissement, à boire nos petits cafés dans une douce torpeur entrecoupée seulement à intervalles réguliers par les sollicitations viriles de la mémé concernant la fermeture de la porte, à discuter de la guerre de cent ans et de ses stars locales, et même à papoter avec la patronne et les habitués en réglant notre ardoise.
C’est reparti plein nord pour retomber ensuite sur Langogne. Nous suivons la vallée du Chapeauroux , adorable rivière à truite.

En suivant le Chapeauroux, nous montons jusqu’en Haute-Loire.
Arrivé à Langogne, je repère un hotel resto accolé à la station à essence du Carrefour-market, histoire d’abreuver de concert les hommes et les machines. Pas mal d’ailleurs ,ce restau où suite à un appel , nous voyons débarquer Camille ,Tof , Elb, et Gizmostro
Le serveur unique gère toute la salle , les commandes, le service, les factures en même temps , tout en préparant une pizza nordique à P’tite Ducat. Et même deux pizzas nordiques, puisque la première finit vaguement carbonisée sur la table de préparation après avoir enfumé la salle. Dessert, café et nous repartons plein sud, en direction d’Alès.

Tout se passe bien , on roule peinard sur la digestion, la petite troupe s’est habituée à ce que je les bouchonne sous prétexte de les guider, quand tout à coup Rico me double à proximité de la Garde-Guerin. Il a repéré une point de vue sur les gorges voisines. Demi-tour, on enquille une petite route , et on arrive sur un parking occupé par trois véhicules combinant Police et Gendarmerie. Un vrai limier, notre Rico. Il les flaire à des kilomètres . On fait notre petite pause, l’air détendu de ceux qui n’ont rien à se reprocher, on va voir le point de vue, et à l’exemple de notre Bougri, on va même se faire une petite sieste de dix minutes adossé aux barrières.






Sauf que la sérénité de la sieste, quand les gendarmes passent coup de téléphone après coup de téléphone, quand une équipe de sauveteurs débarquent en courant, quand un hélicoptère de la sécurité se pose dans le champ voisin, c’est dur de la trouver. Lorsque l’officier supérieur des gendarmes indique à son interlocuteur manifestement de la même famille comment rejoindre le parking avec toute sa petite troupe, des petites gouttes de sueur commence à perler sur le front de Rico, et il nous propose amicalement de reprendre la route, parce que c’est pas tout ça, mais on n’est pas rendu quand même.
Nous repartons donc calmement, sans mouvement brusque ,et sans jamais quitter des yeux les uniformes nous entourant.
(nous apprendrons ultérieurement que toute cette effervescence était due à un accident de canyoning, une personne aspirée par un siphon dans la rivière et décédée , pas cool tout ça...)



Roulage vers La Grand Combe, où je me plante de direction , nous imposant de passer le long des barres d’immeubles HLM d’Ales ouest (sublimes cependant dans la lumière de fin d’après-midi, vous auriez du profiter des feux rouges pour prendre des photos les enfants). Remontée sur St-Jean du Gard via Mialet, le terrain de jeu est de retour. Consigne donnée aux uns et aux autres : Roulez mes lapins, c’est que du bonheur, on s’attend au Pompidou dans trente-cinq kilomètres.



Il n’en fallait pas plus pour que le Bougri parte comme un jeune chien fou lâché dans un sous-bois, suivi de près par Rico heureux d’avoir échappé à la maréchaussée.
8mn 42s plus tard, nous voilà au Pompidou sur la corniche des Cévennes. Et je repense au raccourci que nous avons négligé hier pour arriver plus sereinement par de la bonne route principale à la nuit tombante. Mon pronostic avant de s’attaquer à ce ruban à peine signalé sur les cartes IGN au 25 000ème . On va avoir des chèvres, du gravier et des bogues de châtaignes disséminées sur la route.
Cinq cent mètres après, le profil de route envisagé est totalement confirmé, et c’est d’ une allure plus que raisonnable que nous descendons le vallon pour remonter de l’autre coté et arriver au gîte après trois cent cinquante kms dans les pattes.
Qu’il est bon de retrouver la tireuse à bière.
L’apéro est écourté , car la cloche du souper sonne tôt en Lozère, et une nouveau repas consistant va nous être proposé. La soupe , la quiche au chèvre, la salade et la saucisse sèche maison, c’est passé sur du velours pour moi. Peut-être aurais je du m’abstenir des tartines de pain beurré en accompagnement ? La daube de sanglier posée sur la table , avec son gratin de pomme de terre va me poser plus de problème. Manifestement, le bestiau utilisé était encore jeune, les morceaux de viande étant d’une tendreté divine. De temps en temps, un peu comme un joker dans le jeu de cartes,on tombait sur un morceau de couenne translucide, jouissive à mâchonner jusqu’à ce qu’elle vous fonde dans la bouche....
Non, reprendre trois fois de la daube, ce n’était pas raisonnable. Deux fois des pommes de terre, non plus. Et une crêpe au sucre en dessert, c’était vraiment pour ne pas vexer les tauliers. En plus, Emeric , notre pourvoyeur en Costières de Nimes, était assis pile en face de moi, et on a pu testé trois productions différentes par pur esprit d’analyse scientifique.
Et puis il y a l’autre qui a sorti sa bouteille de Mirabelle ayant traversé la France en diagonale ! Là encore, tu suis les coutumes des tribus qui t’entoure (un coup de casse-tête est si vite arrivé !) et tu goûtes un fond de verre.

23h30, au fond de ma couche , j’ai du mal à m’endormir. Il se passe des choses dans mon estomac. St-Ibuprofène et sa plaquette sacrée sont accessibles à la tête du lit, je prends mon Ostie avec un verre d’eau et sombre doucement dans un sommeil comateux.



Samedi :

J’aime bien les samedis matins dans nos rencontres, parce qu’on y a pris un certain rythme, acquis de nouvelles habitudes, on connaît les lieux, on est chez nous, quoi...
Sauf que ce matin, ça sent le canasson. Et j'avoue que cela déstabilise. Je n’avais pas fait attention la veille au soir au fait que le camping attenant s’était rempli de 4x4 et de vans. Des personnages improbables, avec Stetson et pantalon à franges circulent à nos cotés, très fiers manifestement de leur accoutrement ridicule. Non mais franchement, est-ce qu’on se déguise en pilote de course, nous , avec décalcomanies de sponsors partout sur nos bécanes et casques peinturlurés, hmmm ?
De plus, à notre discrétion vestimentaire naturelle se combine un parfum subtil et discret de WD40, sans commune mesure avec le répugnant fumet de crottin frais (qui ne nous le cachons pas , n’est ni plus ni moins que de la merde!) de ces cavaliers du dimanche.
Avoisinés de cow-boys, le petit déjeuner n'en est pas moins plaisant, nos amies les confitures maison étant revenues nous saluer et nous remettre sur pied, et la complicité de nos discutions communautaires aidant.

Équipement mis, on descend sur Florac et sa station service, point de rendez-vous des gens qui veulent bien rouler avec nous. Après le plein des motos, petit crochet par le centre de Florac pour aller regarder les truites qui s'engraissent dans le cours d'eau traversant la commune. Décidément ce week-end aura eu une orientation halieutique... On est bien, le bruit des cascades des différents bassins constituant l'essentiel de l'ambiance sonore, on pourrait rester des heures ici à la terrasse d'un café à discuter de futilités, mais notre petit lutin surexcité ( Mme Joëlle , pour ne pas la nommer) sautille déjà nerveusement sur le trottoir :
- » Bon, alors, on va rouler, oui ? »
D'accord, d'accord Joëlle, on repart tout de suite,arrête de jeter des pierres dans l’eau pour faire fuir les poissons...
Sur la nationale 106, nous croisons Emeric et son 1000 Senna, qui, ni une ni deux, fait demi-tour et se joint au groupe (Claire, Biloo, Rico, Winzz, Joelle, Christophe, et moi même) pour attaquer le col de Montmirat. Redescente sur Mende, et quelques giratoires plus tard ,nous voici sur la route entre lot et Truyères, montant vers ST-Chely d'Apcher. Une superbe portion , bien roulante et dégagée. J'ouvre toujours la route, en surveillant assez souvent dans mes rétroviseurs la petite troupe pour vérifier qu'on n'a perdu personne lorsqu'un truc clair à la limite de mon champs de vison passe sous ma roue avant (et sans doute aussi très peu de temps après sous ma roue arrière ) et me déstabilise un petit peu. C'était quoi , ça ? À L’arrêt suivant , Rico qui roulait juste derrière moi, et qui lui regardait la route, pas con, hypothèsera un chat blanc, ce qui nous permet de nous connecter directement sur « leboncoin » pour faire une annonce.

Trouvé : Chat blanc ,enfin blanc à part deux traînées sombres reproduisant les motifs du Michelin Pilot Power en 120/70-17 et 180/50-17 , longueur et largeur de l'animal améliorées par rapport à l'origine, épaisseur fortement réduite en contrepartie. Très calme, mais un peu odorant : disponible sur la route Mende-St-Chély d'Apcher quelques kilomètres avant Serverette.

Serverette,où nous nous arrêtons, Pour prendre un café soi-disant, enfin surtout pour un peu nous réchauffer, la fin de l’été dans ces contrées étant toujours aussi vivifiant. Cela permet aussi aux garçons de faire pipi dans un chemin bucolique, pendant que les filles gardent les bécanes et leur lancent de long regards de haine et surtout de jalousie. Le troquet devant lequel nous arrêtons les mobylettes est d’une sobriété et d’une discrétion quand à sa devanture de bon aloi.
Nous ouvrons la porte, et d’un coup de De Lorean au plutonium enrichi, nous retombons dans les années 1960. Les affiches Cinzano, les tables en formica, le couvert déjà installé avec les verres Duralex qui ont le petit numéro gravé au fond...
Ça bouge dans l’arrière-salle (la cuisine, quoi), et voilà qu’apparaît une honorable septuagénaire, robe à fleur et tablier coordonné du catalogue « les dames de france » 1932. Le premier contact est un peu rude :
« Bonjour madame, ce serait pour boire un coup... »
« Ah ben d’accord , mais mes tables sont préparées pour le repas donc il va falloir boire au comptoir ! »
« Pas de problème, Madame, alors il nous faudrait six cafés, un café crème, et un chocolat... »
« Ah ben non, pour les cafés , ça va , mais je n’ai pas le temps de faire le chocolat parce que je suis en train de préparer le repas pour midi, et que je suis toute seule , et que j’ai soixante-dix-sept ans et que j’en ai marre de travailler comme ça !... »

D’ordinaire, un commerçant me fait un coup de ce type et montre une telle amabilité, je lui conseille gentiment de changer de métier et prend immédiatement la direction de la sortie. Mais il y a un je ne sais quoi d’attendrissant chez Mémé Ronchon, qui nous pousse à insister quelque peu. Et effectivement , elle ne peut résister à embrayer la discute avec nous , après avoir versé le contenu de sa cafetière filtre dans sept tasses, et avoir apporté une brique de lait pour le crème commandé par Biloo. Le chocolat, c’était Emeric qui l’avait demandé, il est donc resté sobre et stoïque accoudé au comptoir. On a donc parlé des groupes de motards roulant dans la région en été, de la tranquillité du coin , des terribles températures de l’hiver...
« Ah, je vous dis cette année le mois de février a été terrible , un mois avec du vent et moins dix-sept degrés en permanence ! »
Rico tente un petit chelem :
-Ooooooh, mais par chez nous aussi, en Bourgogne, ça a été vraiment froid pendant cette période... »
Et moi? Et bien je ferme ma gueule : Si j’attaque de mon coté en disant :
« Et bien vous savez, à Hyères les palmiers on a eu aussi très froid, un jour il a fait zéro degré et il a même neigé au bord de la mer ! » ,
….ben j’aurai l’air d’un pinpin, donc je bois mon café et je laisse parler les professionnels des rigueurs hivernales.
Après quelques autres sorties intéressantes de notre Mémé (« pas la peine de passer à St-Chely d’Apcher, là bas il n’y a que des usines et des handicapés! » ) nous reprenons la route , évitons St-Chely comme il nous a été conseillé, et filons sur Aumont-Aubrac par une jolie petite route.


Le plateau de l’Aubrac a ensuite un charme sauvage lorsque nous le traversons, il y a juste les Pélerins de St-Jacques de Compostelle qui progressent lentement sur le bord de la route , et me perturbent un peu en formant des obstacles mobiles....ou très peu mobiles.

Traversée de Nasbinals, je met un peu de temps à percuter , mais il y a un stand de charcuterie et fromage et un WC public sur la place de la Mairie. Bref , tout pour le bonheur de notre mauvaise troupe. Nous nous partageons les responsabilités, les mecs s’occupent de la bectance en décimant les échantillons présentés, pendant que les filles visitent les commodités. Voilà du travail d’équipe efficace, les pignoufs de Mission Impossible et autres Expendables n’ont qu’à bien se tenir.
Descente sur Espalion, après quelque tentative d’arrêt repas avortés en amont. Et finalement, on est très bien dans notre brasserie à Espalion, les serveuses sont charmantes, il y a de l’Aligot en préparation , des tripoux aux pieds de cochon , et même une prise 220v pour que Biloo puisse effectuer des opérations informatiques compliquées
On est peinard assis sur nos chaises dans nos futals en cuir, et encore une fois , je pense aux « Copains » de jules Romain ainsi qu’à certains ouvrages de René Fallet, glorifiant la camaraderie, les pitreries et les loisirs comme philosophie de l’existence.


D’un commun accord, nous avons décidé , après notre arrêt repas, qu’un petit quart d’heure de sieste nous permettrait, en évacuant le stress et la fatigue de la matinée , de retrouver l’intégralité de nos capacités de prédateurs de la route. Treize kilomètres après Espalion, un joli pré en pente, mi soleil, mi ombre, me semble l’endroit idéal pour notre retraite spirituelle.
Les colchiques dans les prés fleurissent, fleurissent, nous signifiant conformément à la chanson, que la fin de l’été est parmi nous. On s’étend tranquillement dans l’herbe tendre,on ferme les yeux, on écoute le champs des oiseaux au dessus de nous, le hennissement lointain d’un percheron, et la somnolence tant attendue nous envahit....
Sauf que notre fée clochette sous Extasy n’a pas sommeil, et nous le fait vivement savoir.
- » Non mais ? c’est sérieux, vous voulez vraiment faire la sieste ? On est venu pour rouler, nous ! Allez ! Bougez-vous un peu, il faut repartir maintenant ! On n’a pas que ça à faire ! »


La réprobation générale du groupe, et la menace de lui faire bouffer de l’herbe pour la faire taire la calme un peu, mais bon, finalement, le quart d’heure syndical écoulé, nous reprenons la route pour nous rapprocher de Ste -Enimie et des gorges du Tarn.
La route dans les sous-bois de St Geniez d’Olts n’est pas d’une qualité irréprochable, et nous avons droit à quelques glissouilles qui finissent de complètement nous réveiller. Après La Canourgue, une longue ligne droite où, par hasard, nous roulons à une allure raisonnable, à distance égale et en quinconce les uns derrière les autres, nous permet de passer fièrement devant la maréchaussée, qui n’en revient pas d’un tel respect du code de la route. A Ste -Enimie, Chacun suit son rythme pour descendre les gorges du Tarn, retrouvailles prévues à Peyreleau. Emeric, qui aime beaucoup les gorges, part en tête avec Rico et Biloo. Je suis à une allure plus raisonnable avec Claire, Joëlle, Christophe et Winzzz ferment la marche et prennent des photos.


Personnellement, les fameuses gorges du Tarn, ça m’a un peu gonflé. C’est sur , les paysages sont magnifiques, mais niveau bitume c’est très variable suivant les portions, puis il faut aimer les camping-cars et les touristes distraits au sortir des virages aveugles. Au minimum, il ne faut pas y aller un samedi après-midi à la belle saison, erreur tactique de ma part. Le plus flippant, ce sont les minibus locaux avec remorque à kayak accrochée au cul qui roulent à tombeau ouvert pour arriver au point de récupération des touristes ayant descendu la rivière. On est resté , Claire et moi, un bon moment derrière l’un d’entre eux, les traverses supérieures de la remorque sont souvent passées très près de la roche des falaises....
Rassemblement du groupe en terrasse à Peyreleau, d'aucuns découvrent le Gambetta-limonade, et de vieux véhicules nous passent devant avec des sonorités plus ou moins harmonieuses (Jaguar type E, SS, Morgan, et une amusante tribu de vieux scooters sentant le mélange deux-temps )
Au dessus de nous, plus loin sur la route, des espèces de poulets géants, assez doués pour le vol à voile, font la fierté touristique de la région. Vaut peut-être mieux pas tomber en rade quand les routes sont désertes, ici... C'est qu'avec des becs comme ça, ça te bouffe une Aprilia et son pilote en dix minutes.
Joëlle et Christophe prennent la tête pour nous ramener au bercail, ils ont fait cette portion pour venir jeudi après-midi. De beaux virages , une zone « gravier de chez gravier » ,et pour finir une toute petite petite route qualifiée de dangereuse par la maréchaussée sur un panneau . C'est sur, tu essaye de la prendre avec un Hummer ou attelé à une caravane, c'est un peu juste... Mais bon, on n'a croisé quasiment personne, et nous voilà de nouveau sur la route habituelle pour revenir à notre gîte.
[Fin du CR de Dijilou]

Apéro, repas.......je ne vous refais pas le topo Laughing

Dimanche :

8h, petit déjeuner locale...L'heure des au-revoirs est arrivée
Chacun s'organise. J'aime bien cette émulsion entre les pressés de partir pour cause de timing et les traînes savates qui n'ont que 3 h de route pour rentrer.

Wizz et Luth ont décidé de me suivre pour remonter chacun dans leur logis, dont l'un vers Nancy et l'autre .....dans le ch'nord !!!
C'est tout de même plus sympa de rouler à plusieurs.
Bises et paluches servi à outrances montrent sans failles les liens et les plaisirs partagés lors des RNPD
Nous sommes les premiers à décoller sous un splendide soleil. La descente vers Florac nous offrent une dernière fois la vision d'un superbe paysage. L'envie de s'arrêter, de profiter....d'admirer....mais la route est longue.

Nous referons quasiment le même chemin à un rythme de sénateur même si Luth trainera de la patte pour suivre. A priori peu habituer à des balades aussi longues.

Je me lâcherais tout de même sur la D996 nous emmenant vers la Croix de l'homme mort....et à d'autres moments. Se retrouvant à chaque entrée de village/ville sans aucun accroc.

Nous faisons le plein dans la même station qu'à l'aller. Le snack ne souhaitant pas nous servir pour d'obscures raisons qui s'élucideront lors la fermeture des rideaux 30 secondes après notre sortie de l'établissement. Faut dire que bosser une dimanche pour ne doit pas les enthousiasmer. Les gérants de cette station se rattraperons en nous indiquant un petit resto-ouvrier à 400 mètres de là. Un sincère merci pour cette adresse.
Arrivée devant l'établissement, Wizz prend le soin de mettre son ST3 à l'ombre et protéger ainsi sans top-case.....d'un fumet virile dégager par la Tome et autres victuailles achetées. Une belle esplanade nous accueille mais le service se fait sur rdv le dimanche Sad
Le patron d'appeler la grand mère qui passe juste àcoté de notre table et de lui demander si elle souhaitait nous servir.
Un peu contrarié, elle fait demi-tour et nous laisse pas le choix du menu. Roti de porc-riz. Nous acquiesçons avec plaisir
5 minutes plus tard elle nous dépose une gamelle : servez-vous !
Telle Cathrina (pas l'actrice...l'ouragan), le plat sera décimé en deux temps trois mouvements. Un vrai délice, riz dans le jus du roti, mijoté des heures et des heures...café, boisson.....pour un tarif dérisoire ! Décidément, j'aime les départementales et les surprises vroum

On remonte tranquillement (sans sieste) avec une légère modification à Cluny où nous suivrons Comartin, puis Buxy...en profitant des méandres de la Grosne sculptés dans la plaine. Arrivée à Mellecey, Wiiz nous quitte pour filer sur Autun et remonter...vers Lille par les petites routes. Luth me suivra jusqu'à Beaune ou il récupera l'autoroute afin de contourner Dijon.

Je finis par la traversée des vignes bourguignonnes sous des températures et un soleil réconfortant

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Re: Balade 2012...pour les tarlouzes

Message par stemor le Sam 29 Sep - 11:26

Voilà une sortie motarde qui a de l'allure !!!!!!!
Mais quel est donc cette"'tribu" de motards qui empilent des kilomètres sous la pluie, de surcroit parfois sur des engins à la fiabilité aléatoire ???? Shocked Shocked
Moi qui pensait qu'il ne restait plus que des" motards" juchés sur des motocyclettes Hi Tech tunées jusqu'au oreilles et destinées à des petites promenades dominicales d'une petite centaine de kilomètres les jours de grand beau !!!!!!! scratch scratch

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Re: Balade 2012...pour les tarlouzes

Message par FLAM le Sam 29 Sep - 18:55

Et bin la p'tite ped de Rico , cool a part ça , tu a bosser un peu ????


SUPER LE CR de ton pote comparé a ceux du poulet

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Re: Balade 2012...pour les tarlouzes

Message par zzr52 le Dim 30 Sep - 15:38

I love you merci pour cette bien belle histoire et cette super virée...!!!!!
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Re: Balade 2012...pour les tarlouzes

Message par gixr le Dim 30 Sep - 16:06

Y en a qui son heureux quand meme ...comme dis FLAM ... tu bosse quand ... lol! pas de GENGEN cette annee ..... ?????

10/10 pour le cr ...

a bientot pour une binouse ....
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Re: Balade 2012...pour les tarlouzes

Message par Clem le Lun 1 Oct - 17:41

Super Cr Rico

Le rico qui fait un Cr, ca rigole pas!

sinon pour la conso: tourne la poignée droite What a Face
pour la route de l'homme mort, c'est des coins de rallye, alors c'est entretenu Very Happy

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Re: Balade 2012...pour les tarlouzes

Message par etienne le Lun 1 Oct - 17:53

joli compte rendu , comme c est beau!
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Re: Balade 2012...pour les tarlouzes

Message par Ricovdue le Lun 1 Oct - 18:20

Stem : je ne suis pas le seul à me balader....mais tous ne font pas des CR, si tu vois ce que je veux dire langue

Flam : c'est pas moi qui part 4 ou 5 jours par mois sur tous les circuits de France pour goûter les différents breuvages Idea

Kiki : non, pas de soucis particulier cette fois ange

Clem : pour la poignée, je veux bien la tourner... mais ça ne suivait déjà pas à ce rythme.... What a Face

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